Les femmes leaders visent plus de 3O pourcent dans les institutions après les élections de 2020

C’est le défi que se sont lancées les femmes présidentes des associations des femmes au Burundi le vendredi 20 décembre 2019 dans une rencontre d’échange. Un débat très riche entre les femmes leaders et des hommes expérimentés a permis de dégager des idées pour permettre à la femme d’être plus visible dans les institutions du Burundi.   

La rencontre du vendredi 20 décembre 2019 au lendemain des élections de 2020 a été possible grâce aux plateformes Femme, Paix et Sécurité, Women in Action for Peace ‘’WAP’’ et  Réseau Femmes et Paix.  

Deux panelistes étaient invités pour exposer sur les principaux défis et opportunités pour aller au-delà du nombre actuel de femmes dans les instances de prise de décisions. Il s’agit d’Annonciate Sendazirasa, deuxième Vice-Gouverneur de la Banque de la République du Burundi et ancienne Ministre de la Fonction Publique et l’ancien Chef de l’Etat, Sylvestre Ntibantunganya, de 1994 à 1996.   

Pour Annonciate Sendazirasa, la femme burundaise doit avoir cinq qualités pour arriver à relever ce défi à savoir : avoir, savoir, savoir-faire, pouvoir et vouloir. ‘’ La femme ne peut pas faire campagne électorale si elle n’a pas les moyens financiers’’, a indiqué Annonciate Sendazirasa. Le savoir donc les études sont aussi nécessaire pour que la femme se sente confiante afin d’occuper de hautes fonctions, a ajouté l’ancienne Ministre de la Fonction Publique. Annonciate Sendazirasa a interpellé les femmes qui sont déjà dans les institutions de veiller au respect des 30 pourcent leur reconnus dans les institutions sans demander l’avis des hommes ou de leurs maris. Elle a interpellé les hommes à ne pas être un frein à la promotion de leur femme car c’est aussi pour leur bien. Toutefois, elle a conseillé aux femmes de dialoguer doucement avec leurs maris quant aux décisions qu’elles prennent dans leur engagement politique.

De son côté, l’ancien Président de la République, Sylvestre Ntibantunganya, a cité les femmes qui ont marqué l’histoire du Burundi pour montrer que la femme est capable de beaucoup de chose. Il a cité entre autre Inamujandi, la première à se révolter contre le colonialisme. ‘’Elle a pu organiser une rébellion dans l’actuelle province Cibitoke et elle a fait trembler pour la première fois les colons et l’ordre Ganwa’’, a expliqué l’ancien Chef d’Etat Sylvestre Ntibantunganya. Il a ensuite cité la Reine Ririkumutima et la Première Ministre Sylvie Kinigi lors du coup d’Etat de 1993 qui défia les militaires putschistes.

L’ancien Chef de l’Etat, Sylvestre Ntibantunganya, trouve aussi encourageant que la femme burundaise commence à intégrer les corps de défense et de sécurité du pays. ‘’ Les femmes sont majoritaires au Burundi, elles peuvent fortement influencer les élections au Burundi si elles sont solidaires’’, a rappelé l’ancien Président de la République Sylvestre Ntibantunganya. Ce dernier propose un deal aux femmes leaders : négocier avec les candidats à la Présidence de la République du Burundi pour rehausser les 30 pourcent que la Constitution burundaise leur reconnait dans les institutions et en retour faire leur propagande.

Auteur :Olivier Bizimana

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