KIYANGE FACE AUX LARMES DE CROCODILE.

Des femmes, hommes, et enfants vivent dans la précarité extrême depuis déjà 6 mois. Pire, ils vivent dans une zone à risques depuis les inondations d’Avril. Le soir de Samedi 28 Avril 2018, les habitants des quartiers Kiyange I et Sabe sont réveillés par une pluie torrentielle. 325 maisons sont complètement détruites, 186 autres partiellement détruites au moment où 416 autres menacent de s’écrouler. Au total, 2576 personnes sont sans logement. Dans un contexte de sauve-qui-peut toutes ces milliers de survivants essaient de se trouver un abri. Mission pas du tout facile. Heureusement que quand l’instinct de survie s’impose l’homme dépasse ses capacités. Des familles entières s’installent dans des salles abandonnées, des jardins des voisins et autres places vides. Juste une place pour une moustiquaire suffit à une famille.

Quelques jours après les inondations, plusieurs institutions se succèdent à leurs venir en aide. Des citadins réunis en associations amènent des vivres, des organisations gouvernementales ou ONG aident dans la construction d’abri en tentes, Il y’en a même qui donnent des kits de dignité aux femmes et filles en âge de procréer, soit de 16 à 55 ans. Mais jusque-là, l’aide et humanitaire. Or non seulement cette population manque d’habitation digne, mais aussi, un manque de latrines les expose aux maladies dues au manque d'hygiène. A 6 mois de ces inondations, quelques familles sont toujours dans les tentes. Un sexagénaire rencontré dans une tente nous explique que les aides octroyées ne collent plus avec les besoins. « Tous ceux qui veulent nous aider amènent quelques kilos de haricots et un peu de riz. Mais ce qui nous hante pour l’instant ce le logement. » Explique l’un de ces rescapées. Et justement cette partie est considérée comme zone à risque. A l’époque de ces inondations les experts en géographie et les défenseurs de l’environnement expliquaient que ces inondations sont survenues suite à la rivière Mutimbuzi qui a dévié de son lit. Sans efforts particuliers de l'Etat, pour réaménager les rivières et les ravins de la capitale, la vie de cette population reste en danger. « Ce jour-là, ils dépenseront des millions pour présenter les condoléances à ceux qui auront la chance de survivre. Au lieu de nous sauver tant qu’il est possible.” Regrette Marguerite, sinistré de Kiyange.

Avec cette saison des pluies les habitants du site Kiyange craignent une catastrophe au poids de celle de Gatunguru en 2014. Ce jour le Burundi a perdu environs 50 personnes en une seule nuit.

Auteur :Remezo Yannick

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