L’Amicale des Musiciens du Burundi sort de son silence

Freddy Kwizera, président de l’Amicale des musiciens du Burundi est clair : ‘’ Les entreprises sont libres de payer la somme qu’elles jugent bon à un chanteur qu’elles ont invité ‘’. Toutefois, Freddy Kwizera invite les musiciens burundais à beaucoup travailler pour construire leurs noms et aux entreprises œuvrant au Burundi de bien vouloir donner de la valeur aux chanteurs locaux en diminuant les inégalités. Mais ce n’est pas un ordre qu’on leur donne c’est un souhait, précise-t-il. Son interview avec le journal Umuringa Magazine.

 

Vous venez de passer quelques mois à la tête de l’Amicale des Musiciens du Burundi, comment appréciez-vous l’évolution de la musique burundaise par rapport à celle de la sous-région et des autres pays ?

Le pas franchi n’est pas du tout mauvais si on regarde les années antérieures. Les nouvelles générations sont en train de travailler durant ces deux dernières années comme Sat Be et Fizzo. Nous avons échangé avec beaucoup de chanteurs, nous avons constaté qu’il y a une évolution positive. Les chanteurs des pays de l’EAC sont en train de travailler et nous souhaitons énormément que la musique burundaise soit écoutée dans les pays de la sous-région et les pays lointains.

Quels sont les problèmes majeurs que rencontre la musique burundaise et qu’est-ce que vous êtes en train de faire pour trouver des solutions ?

Les problèmes ne manquent pas dont notamment le fait que la musique burundaise ne fait pas vivre les chanteurs et leurs producteurs. Ces derniers devraient récupérer l’argent qu’ils ont investi dans la musique. Mais ce n’est pas le cas pour la plupart.

Nous sommes en train de renforcer leurs capacités car dans la musique il y a de l’argent. Nous sommes en train de lutter contre les profiteurs de cette musique qui ne paient pas car un chanteur ne peut pas payer le studio de production et en retour il récolte rien.   

 

Quels conseils donnez-vous aux musiciens et chanteurs pour aller de l’avant ?

 Je conseille aux musiciens de ne pas se décourager, de continuer à travailler. Quand les chanteurs étrangers produisent une bonne musique, ils font sa promotion, organisent des conférences de presse et font tout pour que l’album soit diffusé. L’exemple est celui de Diamond Platnumz qui est très fort dans la promotion de ses chansons. Ici à l’étranger où je suis en mission j’attends beaucoup de chanson des tanzaniens mais jamais celles des burundais.    

 

L’entreprise BRARUDI est en train de promouvoir la musique burundaise à travers l’organisation de la compétition PRIMUSIC, quel est le message que vous pouvez donner à cette grande société ainsi que d’autres entreprises pour la promotion de la musique burundaise ?

Nous nous sommes déjà exprimés sur cette question dans une conférence de presse avec la BRARUDI. Je pense qu’au Burundi, il y a peu de consommateurs en comparaison avec la Tanzanie, le Nigéria, les villes surpeuplées comme Dar-es-Salam avec de très grandes industries et les gens consomment beaucoup là-bas.

La Brarudi est une entreprise commerciale qui cherche une visibilité à travers la publicité. Tu ne peux pas lui exiger ce qu’il doit faire. Mais nous demandons que la Brarudi rehausse un peu le paiement des artistes, ce n’est pas un ordre qu’on leur donne. Mais pour la promotion des artistes, comme Brarudi le prône souvent, la question est à étudier.  Et nous voyons que cette entreprise fait des efforts à voir l’évolution du paiement des artistes par rapport aux années antérieures.

 

Le 28 juillet, le chanteur Diamond Platnumz va venir au Burundi pour la finale de la PRIMUSIC, quelle est votre appréciation ?

Nous avons bien accueilli l’arrivée du chanteur Diamond Platnumz au Burundi, c’est un artiste de l’EAC comme nous. Comme les chanteurs de l’EAC viennent ici chez nous, nous devrions nous aussi apprendre à aller chez eux. Diamond Platnumz possède sa propre chaine de télévision et radio d’après ce que j’ai entendu dire.  Nous allons profiter de cette occasion pour lui donner nos chansons afin qu’il les diffuse dans son pays. Les chanteurs burundais devraient cesser de multiplier les polémiques mais plutôt de travailler pour faire arriver leurs chansons le plus loin possible.  

 

Il y beaucoup de polémiques sur les réseaux sociaux parmi certains chanteurs sur le paiement de ces derniers durant les concerts. Certains musiciens locaux disent qu’ils sont sous payés par rapport aux musiciens étrangers dans les concerts qui sont organisés au Burundi, quelle est la position de l’Amicale des Musiciens du Burundi et quels sont les conseils que vous pouvez donner en tant que personne expérimentée dans ce domaine ou que dit la loi en la matière ?

Il y a trop de polémiques là-dessus et la plupart de personnes se sont exprimées sur cette question. Mais le plus important c’est la solidarité entre artistes. Comment est-ce qu’une organisation peut préparer un évènement pour la promotion des chanteurs et les autres font tout pour faire échouer ce travail? C’est un grand problème. L’Amicale des Musiciens du Burundi a soutenu plusieurs concerts et ça c’est bien passé. Je conseille aux artistes musiciens et chanteurs de travailler ensemble pour leur promotion.

La loi est là mais ceux qui aiment polémiquer peuvent nous éclairer dans quel article où il est écrit comment payer les différents artistes qu’on a invités dans un concert. Mais il serait bon si les entreprises locales rehaussent le paiement des artistes nationaux et ne pas trop créer les inégalités comme ça se fait déjà au Rwanda et ailleurs lors des concerts et évènements. C’est toujours un souhait mais pas un ordre. En outre, il y a des journalistes qui au lieu de diffuser principalement les chansons des musiciens burundais privilégient les chansons des artistes étrangers et après ils vont sur les réseaux sociaux et créent des polémiques.         

 

Propos recueillis par Olivier Bizimana

Auteur :Olivier Bizimana

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