La Coopérative des Musiciens du Burundi contre le paiement jugé excessif de Diamond Platnumz

Les entreprises locales notamment la Brarudi devraient passer par les organisations des artistes-musiciens pour bien organiser et coordonner la promotion de la musique burundaise et des artistes burundais, conseille la Coopérative des Musiciens du Burundi. Cela éviterait les grognes des uns et des autres sur les inégalités créées en matière de paiement des artistes, indique Cédric Bangirinama connu aussi sous le nom de Cédric Bangy, président de la Coopérative des Musiciens du Burundi qui s’exprime sur l’arrivée cette semaine de l’artiste Tanzanien Diamond Platnumz et les millions de franc burundais que la Brarudi lui aurait accordé. Son entretien avec Umuringa Magazine.

Comment appréciez-vous l’arrivée de l’artiste Diamond Platnumz et son paiement par rapport aux artistes locaux ?

C’est un grand mépris. Nous sommes des grands consommateurs des produits de la Brarudi et nous payons régulièrement des taxe et impôts à travers les boissons de la Brarudi que nous consommons, mais au lieu de remercier les burundais à travers les artistes locaux, on nous amène un artiste étranger et on lui offre plus de 100 millions de Fbu et plus encore un artiste qui chante play-back sur CD. Nous sommes en train de lutter contre les artistes qui utilisent les CD dans les concerts. Ça c’est tromper le public. En plus, Diamond Platnumz ne va pas payer les impôts et taxes ici chez nous alors que chez eux ils font payer un impôt aux artistes étrangers qui y organisent des concerts. On n’est pas contre les chanteurs étrangers qui visitent notre pays mais ce qui est là ce que la Brarudi devrait se souvenir que ce sont d’abord les burundais y compris les artistes burundais qui paient l’impôt et taxes ainsi commencer par valoriser nos artistes locaux.     

L’entreprise Brarudi a-t-elle le droit d’organiser des concours ou des concerts visant la promotion de la musique burundaise sans consulter les organisations des musiciens ?

Normalement nous devrions travailler ensemble avec la Brarudi car nulle part dans ses missions n’est écrite qu’elle est chargée d’organiser des concours ou des concerts des artistes. Il est temps que la Brarudi respecte les organisations des artistes-musiciens et que chacun fasse son travail sans s’ingérer dans le travail des autres.

Le paiement de Diamond Platnumz est-il exagéré selon vous ? 

En trente minutes sur scène et avec 6 ou 7 chansons, Diamond aura encaissé 100 millions de Fbu. Les artistes burundais Big Fariaz et Sat-B choisis comme ambassadeurs ont fait chacun 20 concerts à travers tout le pays dans le cadre du concours Primusic et ils n’ont reçu que 15 millions de Fbu chacun alors qu’ils devaient payer et prendre en charge eux même leurs équipes de danseurs. L’Office Burundais des Recettes (OBR), la Brigade Anti-Corruption ainsi que la Cour Anti- Corruption devraient s’occuper de ce cas. Diamond Platnumz ne paie pas d’impôt au Burundi, il n’a même aucun compte bancaire ici chez nous et il va s’envoler avec plus de 100 millions de Fbu.  

Selon certains, Diamond Platnumz est un artiste international et ne peut être comparé à la plupart des artistes locaux, d’où la grosse somme que la Brarudi lui aurait accordé, Qu’en pensez-vous ?

Je ne pense pas que Diamond Platnumz a un niveau très élevé plus que l’artiste burundais Kidum. Un jour dans un concert à Nairobi, Kidum comme il en a l’habitude, il a fait une bonne performance Live-Music devant un public kenyan électrisé et très conquis. Après lui, Diamond Platnumz est arrivé sur le même podium avec sa musique qu’il joue sur CD en Play-Back, le public était reste calme et ne réagissait pas. Il a voulu s’essayer en Live-Music mais le public ne répondait pas comme il l’avait fait avec Kidum. L’artiste Kidum a déjà remporté le Kilimandjaro Award deux fois en Tanzanie devançant de loin Diamond. Tout simplement, les burundais minimisent les talents de leurs compatriotes. Cette somme de 100 millions de Fbu devrait revenir à un artiste burundais et il ferait des miracles.

Diamond Platnumz est promu ici par les radios locales, plus nos radios font entendre sa musique, plus les auditeurs burundais s’habituent à cela. Si ces radios pouvaient jouer les chansons des artistes burundais, ces dernières seraient très populaires. Même entre les chanteurs, il n’y pas de solidarité. L’artiste Natacha a refusé les 15 millions de Fbu que lui proposait la Brarudi arguant que c’est trop peu à voir les 20 concerts qu’elle devrait faire au titre d’ambassadeur de Primusic 2019. Elle a demandé à la Brarudi de rehausser cette somme à 20 millions de Fbu mais la Brarudi a refusé. Natacha s’est alors retirée de la Primusic mais Sat-B et Big Fariaz au lieu d’être solidaire avec Natacha, ils ont accepté les 15 millions de Fbu chacun. Et maintenant, ce sont eux qui viennent crier que Diamond a reçu trop d’argent.       

Existe-t-il une loi ou un contrat qui exige à la Brarudi à travailler avec vous en cas de promotion de la musique burundaise ou en cas d’organisation des concerts ?

Il est écrit nulle part que la Brarudi a pour rôle d’organiser les concerts si ce n’est pas nouveau. Si cette entreprise souhaite organiser des concerts, elle devrait travailler avec les organisations des artistes pour éviter les querelles et les grognes. Nous voulons que les choses se fassent dans la transparence. En plus, pour organiser le concours Primusic, il y a des fois où la Brarudi octroi le marché de gestion et de coordination de ce concours à des personnes étrangères alors qu’il y a des burundais qui sont capables de le faire et l’argent resterait dans le pays aux mains des burundais. 

Certains vous demandent de travailler beaucoup pour aller aussi conquérir les marchés régionaux et internationaux, qu’en dites-vous ?

Certains étrangers n’aiment pas inviter les artistes-musiciens burundais dans les concerts de leur pays surtout en Tanzanie. Ils ont peur qu’on puisse leur arracher tous leurs fans et gagner beaucoup de revenus et de popularité. Les journalistes burundais diffusent à longueur de journée des chansons des autres pays mais au retour ces pays ne diffusent pas notre musique de peur de perdre le marché local. Les journalistes animateurs burundais devraient se remettre en cause. Toutefois, nous remercions certaines radios et télévisions qui diffusent la musique locale à hauteur d’au moins à 80% ainsi que les boites de nuit et cabarets qui ont déjà lancé cette initiative.

                                                                                                                                                                                        

 

Auteur :Olivier Bizimana

The Um fashion