CRISES POLITIQUES ET "CONFLITS ETHNIQUES" AU BURUNDI : QUI BLAMER?

Dans toutes les sociétés de tous les pays il y a toujours des différences anthropologiques. Et dans beaucoup de pays ces différences ont constitué un prétexte d’extermination des uns par les autres. Depuis la ré-acquisition de notre indépendance, le Burundi a traversé des moments sombres que tout le monde connait. Mais qu’en est la cause ?

 Madame Colette SAMOYA KIRURA, auteur de l'ouvrage

Une tentative de réponse a été donnée par Madame Colette SAMOYA KIRURA dans son nouvel ouvrage « Crise politiques et ‘’conflits ethniques’’ au Burundi-Pourquoi tant de sang versé depuis l’indépendance du pays ? » Dans une conférence publique qui s’est tenu dans les enceintes de l’IFB ce jeudi 8 Janvier 2015, Madame SAMOYA a présenté et expliqué le contenu de son ouvrage.

Madame SAMOYA qualifie son ouvrage comme un essaie plutôt qu’un résultat d’un travail de recherche scientifique. Son contenu a été inspiré par des expériences vécus, des connaissances acquises en lisant d’autres auteurs mais aussi des échanges avec d’autres personnes.

Madame SAMOYA a essayé de relever quelque théorie qui selon elle, peuvent être à l’origine de l’ethnisme au Burundi. Vu l’apparence et la manière de vivre ce qu’on appelle ethnie aujourd’hui serait le résultat d’une séparation due aux activités socio-économique des uns et des autres. Les éleveurs qui serait originaires des vallées éthiopiennes sont tutsi et les agriculteurs bantoues originaires des périphéries du lac Tchad les hutus.

Elle ne fait pas qu’accepter l’existence de différences anthropologiques au Burundi mais elle ajoute aussi qu’au Burundi il y avait une société bâti sur des inégalités sociales. A titre d’exemple, elle a cité l’existence de certains clans dans lesquels les membres de la famille royale choisissaient les épouses ; ces dernières étaient plus privilégier que les autres. « Avoir une appartenance et la déclarer n’est pas du tout mauvais, mais ce qu’on en fait. Les colonisateurs ne sont pas responsables de nos différences mais ils se sont servis des facteurs qui étaient déjà là. »A-t-elle martelé.

                                 Couverture de l'ouvrage

Les burundais ont été aussi victime d’une période coloniale où le racisme était à son comble en Europe. En 1935, on donnait aux burundais des cartes d’identité sur lesquelles on mentionnait tous les caractéristiques de la personne selon la notion de race supérieur. Même les écrits les plus anciens des premiers missionnaires ne parlent pas d’ethnie puisqu’en toute rigueur il n’y en a pas au Burundi : Il est écrit qu’au Burundi il y a trois races.

Le livre fait aussi une aperçu sur les crises politiques et ethniques qu’a connu notre terre ; 1965, 1969 et surtout les crises de 1972 et 1993. Parlant des massacres de hutus en 1972, cette ancienne ambassadrice du Burundi à l’ONU dit qu’il y a des écrits journalistiques qui ont causé de grands tords à cette nation mais aussi que c’était un crime bien préparé et taillé sur mesure. En 1993, le canon s’est retourné contre les tutsi et certains opinions affirmaient que c’était le prix à payer pour l’installation de la démocratie. Il y en a qui arrivé jusqu’à dire qu’il n’y avait aucun problème puisque ça a été une occasion d’être kif-kif avec ce qui s’est passé en 1972.

Aujourd’hui nous sommes à l’aube des élections, elle rappelle qu’elles ne sont pas le seul facteur qui amène la démocratie mais qu’elles en sont un des aspects les plus cruciales. Cette grande dame a terminé sa conférence en rappelant le rôle de tout en chacun surtout dans cette période post-conflits. Elle a conclu par un conseil à la nouvelle génération qui sera au sommet à l’avenir :

« Pour atteindre une démocratie digne de ce nom il y a beaucoup d’autre valeur qui entre en jeu. Mais l’avenir joue contre l’ethnisme et espérons que demain sera meilleur. »

 

Auteur :msm

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