CLOVIS NGOY, AU-DELA DE L'EXPRESSION

Clovis Ngoy, un artiste peintre qui excelle à chaque apparition. Toujours au rendez-vous il ne cesse d’élargir sa palette en entreprenant une énième exposition vente à L’IFB (Institut français de Bujumbura) ayant comme nom « Expression ». Après une formation de deux semaines et demie à Paris, il met en œuvre ceux qui la pu apprendre durant la formation dans cette même exposition. Notre équipe de rédaction est allée à sa rencontre pour plus de détails.

U.M : Bonsoir Clovis comment allez-vous ?

C.N : Je vais très bien merci

U.M : Parlez-nous de vous et de vos débuts !

C.N : Je suis un gars qui ne fait aucune autre chose que la peinture. Je suis donc un artiste peintre et mes débuts ont été d’abord par crayon à l’âge de 7 ans ensuite à l’âge de 11 ans j’ai commencé à faire la peinture. En 2010 j’ai adhéré  au collectif Maoni et c’est là que j’ai vraiment commencé à faire des œuvres d’art.

U.M : En quoi le collectif Maoni aide les artistes peintre comme vous ?

C.N : Le collectif Maoni offre un espace d’expression par les expositions qu’il organise .Encore plus en exposant parmi les autres artistes on n’a plus peur de se montrer et on acquiert une confiance en soi puis on se met main nu devant tout le monde.

U.M : D’où tirez-vous votre inspiration ?

C.N : C’est la nature et la vie de tous les jours qui m’inspire. Par exemple j’ai une toile qui s’intitule Espoir piétinée. Cette toile reflète l’histoire d’une femme vendeuse de tomate comme celle qu’on côtoie tous les jours dans nos rues de Bujumbura et j’achetais des tomates à cette femme quand surgit un policier piétinant ainsi tous les tomates de cette vendeuse sans oublier les miennes. Et la souffrance que cette femme a ressentie m’a énormément marqué et j’ai décidé de m’exprimer sur toile voilà la façon dont je m’inspire

U.M : Vous venez d’une formation à Paris. En quoi elle a été bénéfique pour vous ?

C.N : Ma formation a été plus que bénéfique, elle m’a permis de visiter une si grande ville comme Paris. Coté professionnel j’ai pu m’entretenir avec des élites du métier et leurs échanges et critiques m’ont permis de changer certaines choses dans mon travail au point où les habitués de mes toiles qui viennent à mon exposition remarque une différence par rapport à mes anciennes œuvres. Aussi La formation m’offre un bagage pour la préparation de la Biennale qui aura lieu à Bujumbura au mois d’avril 2015 à L’IFB regroupant ainsi les artistes peintres et musiciens de la sous-région.

U.M : Quel place donnez-vous à la peinture au Burundi ?

C.N : Sur ce point, je pourrais vous dire qu’il y a quelque chose qui se construit parce que si on revient dix ans en arrière il n’y avait que des expatriés qui achetaient nos toiles. Mais actuellement j’observe des jeunes nationaux qui achètent mes toiles à un prix raisonnable. Il faut savoir aussi que l’avenir d’un pays c’est la jeunesse, et si cette dernière commence à avoir de l’intérêt a la peinture. C’est qu’il y a une lueur d’espoir à l’horizon.

U.M : Pourquoi avez-vous intitulé votre exposition vente « Expression »?

C.N : J’ai voulu faire la différence avec ce que j’avais l’habitude de faire, la façon d’introduire des scènes durs à exprimer et si vous entrez dans la salle vous allez remarquer une variété de couleur montrant ainsi que l’artiste a voulu s’exprimer.

U.M : Parle-nous d’une de tes toiles favorite !

C.N : Elles le sont toutes mais je peux sortir du lot celle s’intitulant « Désolation ». Elle exprime la souffrance qu’éprouve une femme violée, elle a honte et elle se cache le visage. Je l’ai fait pour montrer comment elle se sent et apparait vis à vis de son entourage.

U.M : Comment faites-vous pour financer une telle exposition ?

C.N : Par des personnes qui voient mon travail et qui l’apprécient et jugent bon de me donner un soutien matériel et moral.

La culture est sans doute l’une des moyens de s’exprimer mais aussi un des outils qui fait vendre et par conséquent fait connaitre un pays. Des artistes comme Clovis doivent nécessairement être soutenu parce que leur produit se fait exporter et font parler du Burundi. 

Auteur :

The Um fashion