De stage en stage

Hervé, jeune homme de 29 ans licencié en droit, depuis presque 3 ans il passe d’un stage à un autre. Début Décembre, il terminera sa 5e.

Chaque 10 novembre, le monde célèbre la journée internationale des stagiaires. Journée qui devrait interpeller le monde à penser aux problèmes des jeunes qui enchaînent des stages, sans jamais décrocher un emploi. Au Burundi, avec un taux de 65% en décembre 2017, Herve le sait très bien qu’il n’est pas le seul à chercher une opportunité de travail. Il sort de sa bulle et fonce dans une aventure idéaliste. A la fin de ses études, il cherche une institution pour faire son stage d’étude. Cette dernière lui a été accordé facilement, et à lui de nourrir ses illusions qu’il a les chances de Cocu. La première chose qui a ramené ses pieds sur terre est le constat amer qu’il fait lui-même : son secteur d’activité est bouché. Au grand maximum, on recrute juste pour remplacer. Après 3 mois dédié à son stage d’étude, Herve passe quelques mois à la maison, le temps de finaliser son travail de fin d’etude. Quelques mois qui lui font gouter un peu à la vie de chômage. Effrayé par cette idée de commencer sa vie professionnelle par une décennie de chômage. Notre jeune citadin se lance à la quête des stages. En ligne ou par biais des connaissances, il se bat bec et ongles. Son premier stage professionnel tombe juste au début de l’année 2017. « C’est un miracle, Dieu confirme mes projets pour cette année. » se disait le jeune homme. « Je voyais très bien comment ma carrière va prospérer d’une étape à une autre, ajoute-t-il en hochant la tête. Au départ le stage était de 3 mois, mais le chargé du personnel de la maison lui accorde 3 mois de plus. Herve interprète toujours ses signes avec optimisme mélangée avec un peu d’idéalisme. Et à la fin de cette période le même chargé du personnel lui envoie par e-mail une note lui rappelant la date de fin de stage. Avec quelques mots de remerciement. La même scène se répète, il en est à sa 5e répétition.

Herve comme les autres jeunes stagiaires aimeraient bien gagner leurs vies. Mais ils ne perçoivent que des miettes de pain appelées « Frais de déplacements ». « Avec une somme de 100.000Fbu par mois je ne peux pas prétendre me déplacer et payer les déjeuner des 5 jours de travail par semaine. Je dois faire recours à l’aide de mes parents. Mais jusqu’à quand ?» déplore Herve.

Dernièrement notre jeune a failli créer un scandale professionnel quand un employeur lui a posé une question pendant l’entretien d’embauche « Monsieur Hervé, comment expliquez-vous votre longue période sans emploi ? » « Ça a réveillé les vieux démons. Ma réaction a failli être vraiment brutale. » Témoigne-t-il.

 

Auteur :La rédaction

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