Témoignage : La situation nous enfonce dans le chômage

Ayant pris part à l’équipe qui a écrit au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique demandant l’entérinement des diplômes, un étudiant a souhaité témoigner et réclamer le soutien des parents, des journalistes et des politiques.

Gyslain, 32 ans, j’ai fait les 3 ans de baccalauréat en gestion et administration, donc un cursus de formation universitaire correspondant à un volume horaire de 4500 heures. Une formation condensant  sérieusement la théorie et la pratique réparties dans les 180 crédits. A la fin de mes études en 2016, l’université me donne mes documents (bulletins, attestation de réussite, et le diplôme). Le Hic de l’histoire,… Ce diplôme ne sera pas certifié par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La direction générale de l’enseignement me demande le diplôme d’Etat. Document que je ne peux pas avoir, ayant entré à l’Université avec moins de 50% à l’Examen d’Etat.

Ça fait mal

À la dernière année de mon cursus, je suis inondé par une multitude de projets. Mais après un mois de stage d’étude, je parviens à en trier un qui me semble faisable et rentable. Mon ultime but : Créer mon propre emploi. Ça fait 2 ans que j’ai commencé avec mes premières démarches d’une entreprise. Mais combien de temps vais-je tenir à cette phase? Aucun partenaire n’accepte de financer mon projet si je ne dispose pas de diplôme. Suis-je le seul à capter l’ampleur de la situation ?

Nous sommes nombreux dans cette situation, tous ceux qui se sont fait inscrire dans toutes les universités pour l’année académique 2011-2012 ayant moins de 50%. Nous ratons tous les jours des opportunités de travail et d’études, puisque un diplôme certifié est toujours recommandé. Nous sommes tous d’accord que trouver du travail au Burundi est un combat qui demande avant tout la persévérance et le courage. Imaginez alors engager les mêmes armes à la recherche de l’entérinement de nos diplômes. C’est pour cette raison que nous avons demandé au ministre, dans une lettre officielle, l’entérinement de ce diplôme.

Qui pourrait m’expliquer le « Pourquoi »

La rédaction de « Umuringa Magazine » reprends la plume pour vous donner les réactions des différentes autorités. Dans la réponse que la direction générale a donnée à Gyslain, la responsabilité a été renvoyée à l’université. Et les responsables de ces établissements s’en lave les mains. Mais Anastasie Gasogo, directrice générale de l’enseignement supérieur explique au média que “Pour certifier un diplôme de baccalauréat, la loi exige un diplôme d’Etat après les humanités.’’ Donc, reconnaître ces diplômes reviendrait à enfreindre la loi. Mais le porte-parole dudit ministère tranquillise en affirmant que très prochainement le sujet sera analysé par les responsables de l’enseignement au niveau du ministère et des universités.

Auteur :Agence Umuringa

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