L'ENSEIGNEMENT GRATUIT, A QUEL PRIX ?

Le Burundi ainsi que 191autres Etats membres de l’ONU se sont engagés à réaliser d’ici 2015 les dits objectifs du millénaires pour le développement, OMD en sigle.   Assurer l’éducation pour tous ; tel est défini l’objectif 2 parmi les 8 OMD. La cible principale était de donner à tous les enfants, filles et garçons partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires. Comme bon nombre le savent, le Burundi ne s’est pas laissé distancer.

                                                                                                                                                     Une classe chinoise à l'ecole Stella Matutina 

Depuis 2006, un décret présidentiel permet à tous les enfants de faire les études de base sans toutefois payer les frais de scolarité. Grâce à cette mesure beaucoup d’enfants venant de famille à très faible revenu ont pu avoir accès à l’éducation primaire. Ce brusque engouement pour la scolarisation a montré la pauvreté des familles burundaise surtout dans les milieux rurales.

Cette décision a été salué par le monde entier parce qu’il allait diminuer le problème majeur auquel fait face le Burundi qui est le taux trop élevé d’analphabète. Le président lui-même a mené une campagne dans tout le pays de construire des salles de classes supplémentaires et le nombre d’écoles a doublé en l’espace de 4ans. Mais a-t-on doublé le matériel scolaire ? A-t-on doublé le nombre enseignant ?

La seule réponse possible à ces questions est que le gouvernement n’a pas joint l’acte à la parole. Très peu d’effort ont été fourni pour accompagner cette décision. Une salle de classe normale à dans une école primaire publique ici dans la capitale ne compte pas moins de 70élèves. Dans les autres coins du pays, les enseignants sont rares et les élèves nombreux. Les classes sont chinoises et le matériel n’est pas suffisant pour répondre aux besoins des élèves. Par exemple dans certaines écoles dans la commune de Kanyosha, 4élèves partagent un seul banc pupitre.    

L’idée était très bonne mais sa mise en application présente encore beaucoup de lacunes. Le gouvernement devrait penser à mettre une équipe d’expert en planification pour étudier à fond cette question. Ce, parce que si les élèves reçoivent une éducation de mauvaise qualité au lieu de progresser on régresse. Il est dans ses devoirs d’accepter le prix qu’il faut payer pour cette gratuité.

Auteur :

The Um fashion