MEME LES PROPRIETES DE L'ETAT NE SONT PAS A L'ETAT

La vigilance citoyenne soutenue par l’Article 69 de la constitution de la République du Burundi a le droit d’observer de près l’usage des biens publics. Ainsi l’Observatoire de Lutte Contre la Corruption et les Malversations Economiques, OLUCOME en sigle, nous a fait part de ses investigations sur la gestion des biens fonciers et immobilière de l’Etat.

                                                     Gabriel RUFYIRI, président de l'OLUCOME

Mr Gabriel RUFYIRI a comparé l’Etat à un orphelin qui possède un grand héritage, tout le monde veut l’élevé non pas par amour mais par intérêt. D’après lui, les dirigeant burundais ne se soucient pas du sort des biens publics et cela depuis l’acquisition de l’indépendance. Dans une conférence de presse qu’il a tenue ce lundi, M. RUFYIRI a dénoncé ces cas de vol du patrimoine public et particulièrement celui du palais présidentiel de Bujumbura.

Dans les années 1970, l’ancien président le Colonel Michel MICOMBERO avait bénéficié à titre privé un terrain de la part des Pères Jésuites. Il aurait reçu les titres de propriétés grâce aux services d’un lobbyiste d’origine indienne nommé Al Shariff. N’ayant pas assez de fond pour construire dans sa parcelle, Feu MICOMBERO aurait eu l’aide du gouvernement pour construire ce qu’est aujourd’hui le palais présidentiel de Bujumbura. Mais il a gardé le titre de propriété à lui seul.      

A part Melchior NDADAYE, tous les autres présidents ont résidé dans ce palais mais aucun d’eux n’a eu l’initiative de réclamer les droits qu’à l’Etat du Burundi sur cette propriété. Ce qui est plus étonnant, selon l’OLUCOME, c’est que le versement des frais de location de ce palais reste flou. « Quand on pose la question aux cadres du Ministère des Finances et de la Planification du Développement Economique la réplique est toujours la même. Ils disent qu’ils ne le savent pas puisque ce paiement est effectué par la Présidence avec son budget. » a martelé M Gabriel RUFYIRI.

L’autre inquiétude de l’OLUCOME concerne le bâtiment du Ministère de la Jeunesse et de la Culture. Il n’y a aucun document qui certifie que ce bâtiment est bien une propriété de l’Etat, n’importe qui pourrait le revendiquer comme le fait un groupe d’individu qui se nomme « Association des Commerçants du Burundi ». Un autre bien public qui n’est pas à l’abri est le terrain communément appelé G6 dans la commune urbaine de Ngagara. Ses acquéreurs de mauvaise foi se serait servi de la Commission Nationale des Terres et autres Biens (CNTB) et certains serait même déjà en train de vendre quelques lopins de terre de cette espace.

L’OLUCOME a lancé un appel aux dirigeants de prendre soins des biens publics. Les dirigeants changent, les gens vont et vient mais l’Etat est éternel. « Quand je dis Etat, je veux dire moi et toi ou tout autre citoyen burundais. » a conclut Gabriel RUFYIRI.

Auteur :

The Um fashion