BURUNDI : MANIFESTATION OU INSURRECTION ?

Nous sommes à la troisième semaine des protestations contre la troisième candidature de son excellence Pierre NKURUNZIZA jugée anticonstitutionnelle .La qualification de ses protestations varient du jour au jour. Le président parle de manifestations (lors de son discours à la nation), son ministre de la sécurité publique annonce que ce sont des mouvements insurrectionnels qu’il faut mater, quant au ministre de défense et des anciens combattants, il mentionne encore une fois que ce sont des manifestations qui doivent être encadrées par les forces de l’ordre. Cet écart dans leur propos  en dit clairement sur la portée de la crise que traverse le Burundi.

Une manifestation peut être définie comme un acte se prononçant en faveur ou en défaveur d’une opinion politique ou pour d’autres causes. Les actions des manifestants peuvent inclure des blocages (barricades) ou sit-in. Elle peut être violente ou pacifique aux dépens de circonstances. Pour le cas actuel, les organisateurs de la manifestation ont insisté sur son caractère purement pacifique. Cependant, les choses ont vite dégénéré quand la police a lancé des gaz lacrymogène. Les manifestants ont répliqué en lançant des pierres, à Musaga les manifestants ont même réussi à faire fuir une colonne de policier à jet de pierre. Des manifestants ont succombé aux tirs de balles réelles. Le bilan est d’une dizaine de personne tuées, plusieurs blessées et des centaines d’autres dans les geôles. On ne peut pas omettre certains actions de casses des manifestants qui incendient dans certains endroits des véhicules .Sur ce, la manifestation a été émaillée de violences.

Certains cadres du gouvernement et du parti au pouvoir assimile la contestation à une insurrection. Cette dernière étant définie comme un soulèvement contre un pouvoir ou une autorité. Ces accusations ne collent pas dans la mesure où il y a eu des manifestants pro troisième et les forces de l’ordre ont assuré leur encadrement .Quand le tour des anti- troisième mandat est venu de manifester, toute une armada de policiers s’est accourue pour leur barrer la route. Les résistances des manifestants sont le résultat de l’usage excessif de la force par la police. Les deux groupes antagonistes devraient avoir le même traitement du pouvoir. Sinon, le mécontentement engendré par cette politique de deux poids deux mesures peut être fatal et conduire vers l’irréparable.

Dans la constitution française du 24 juin 1789 ,il y avait un article qui stipulait :’’ "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Peut-être que celle-ci est applicable dans le cas où il y a une absence patente d’un leadership capable de jouer son rôle.

Auteur :

The Um fashion